La légende veut que le théâtre japonais vienne d'un spectacle donné par les dieux pour faire sortir Amaterasu, la déesse du soleil, de la grotte où elle s'était réfugiée. Entendant des chants, la déesse sortit de sa cachette et découvrit les autres dieux dansant au milieu de guirlandes de fleurs. Depuis, grâce au théâtre le monde ne peut plus être définitivement plongé dans les ténèbres.
traditionnel est interprété exclusivement par des hommes, il allie le théâtre, la danse et le chant. Il est extrêmement délicat de les différencier, du moins dans leurs formes classiques. On peut cependant déceler l'élément principal de chacune de ses disciplines.
Bien après les légendes divines et danses religieuses qui, comme dans toutes les cultures, ont posé les fondations des rites dramatiques, bien avant le Kabuki et le Nô, formes ancestrales qui ont survécu jusqu'à nos jours; dans le Japon du Xe siècle, des formes dramatiques ont surgi des Sarugaku, les « danses de singe ». C'était un mélange de théâtre de foire, avec improvisations et masques, et de Sangaku venu du théâtre chinois. Ces jeux, ressemblant parfois à de la Commedia dell'arte ou à nos farces médiévales, se sont transformés peu à peu pour arriver au XIVe siècle au Sarugaku-no-nô, forme dramatique plus « noble » qui a permis au Maître Zeami de former le Nô classique tel qu'on le connaît encore aujourd'hui. Avec, pour les personnages et les pièces comiques Kyogen, des réminiscences plus ou moins fortes des farces populaires antiques.
Puis, au XVIIe siècle, le Sarugaku féminin se métamorphose en Kabuki, féminin lui aussi. Mais les censeurs de l'époque, en 1630, interdisent aux femmes de monter sur les planches. Pour interpréter les rôles féminins les troupes emploient alors de jeunes éphèbes, mais en 1652, on n'autorise plus qu'aux hommes d'âge mûr à interpréter les personnages féminins. Il ne peut plus être question de vraisemblance réaliste, il faut faire croire sur scène à une réalité transposée du personnage, il faut trouver une façon de stylisation, de symbolisation, pour que la féminité ne soit plus à voir mais, comme le dit Roland Barthes dans L'Empire des Signes, que ces interprètes du « style féminin », ces Onnagata, aient une féminité à lire.
À la charnière du XIXe et du XXe siècle, le Japon s'ouvre ensuite vers l'occident, après trois siècles d'enfermement volontaire. L'Europe découvre la mode orientaliste et le Japon intègre à sa culture et développe le monde des affaires à l'occidentale.